dimanche, août 20, 2006

Gasp's delirium #3

Bi-jouuur les kloums ! Bi-jour de nouveau.
J’ai bien conscience du fait que ça pourrait devenir pénible si ça continue, mais j’y peux rien, l’exaltant et l’ubuesque nous entourent de toutes parts ces temps-ci. Alors j’essaye, j’essaye, je contracte et je sue, mais je peux pas m’en empêcher.. ça doit sortir ! Bon bon.. pas le choix. On est parti pour la grise tombeau, l’extravagante et sautillante chronique engloutie et vert pomme aux contours de Gasp le Gasp. Gris vert aussi.

Cette fois, c’était pas de la rigolade, ni de l’innocente bâdinerie (comment ? non, je n’enlèverai pas cet accent circonflexe.. l’en a de droles lui [whahaha et tiens ! un deuxième dans les gencives ! l’est pas gris vert lui..]), nope nope nope.
Tout a commencé avec ce vieux noir croupi comme l’eau de Delhi, et adorablement adorable. J’vous le décrirai bien, mais j’ai mieux à faire. Un indice juste, mais dont Jérémie, seul, pourrait profiter selon moi. Je serais vous, je miserais pas dessus. Hmm. Enfin voila : c’est le portrait craché de Zaccharie (version vieux) dans Demolition Man. Zaccharie Land. Zac quoi.
C’est..
Bon. Zac est notre guide plongée, et la première pierre. Zac descendait décrocher des huîtres du Coolidge avant même que le plus sage d’entre nous fut seulement envisagé. Il connaît sa coquille. Mais le hic, c’est que Tim (v’souvenez de lui ? C’est le boss de l’hôtel doublé d’un bel homme triste et triplé d’un gentil plongeur) lui avait (thoughtfully) imprimé une nouvelle carte du navire, et Zac, le pauvre, n’y pigeait plus kedal à son épave adorée. A tel point que c’est maman qui lui montrait où étaient les entrées et sorties qu’il devait nous faire emprunter. La même maman qui n’indique la bonne direction que lorsqu’elle confond sa droite de sa gauche !
Direct, Mimi et moi nous sommes sentis en sécurité. Entrer dans le navire par une porte indiquée par maman, nous faufiler tranquilou dans quelques couloirs qu’il faudrait pas construire autour d’Carlos (pourrait plus bouger, pourrions plus passer, s’rait suant), débusquer le tableau sculpture dessin truc but de la plongée et accessoirement située sous une p’tite quarantaine d’eau, et ressortir par l’étincelant torpilleur indiqué, lui aussi, par la mère. Pas d’problème. En moins de dix minutes ? Pas d’problème. ‘fin, juste pour être au courant, si on reste un peu plus, on risque quoi ? Trop d’azote dans le corps ! Décompression déstabilisée, ivresse des profondeurs, narcose, saignement de nez, explosion des index orteilleux, défibrillation capillaire, mort. … … Pas d’problème ! N’est immunisés contre tout ça d’abord. Bow. Enfin.. pas bow pour tout le monde. Papa avait déjà quitté la barque. Lui, il voulait prendre des photos de l’extérieur. Mais la girouette extatique, Umi no ryu (Dragon de mer, cohorte d’incultes !) et l’éclatant globule vert que je suis étaient bow à donf !

Hop dans l’eau, hop tout le monde est ok, hop tout le monde descend ! Hop hop ho.. STOOOOP !! S’qu’c’est qu’ça, Gasp ? Une minusculissimement microscopique bulle bleue d’un millimètre de diamètre qui flotte et brille et infuse l’espoir, Gasp. Et ça t’étonne pas plus que ça toi ? Nope, Gasp, m’étonne pas.. j’en ai d’jà vu dans Abyss. Ha !
Me retourne, hésitant, regarde en tout sens. Ils sont tous devant moi ! Personne regarde grr ! Ha mais ! YaY, le squale bipède du bois bel est à portée de voix (oui, de voix, ‘spèces d’affreux !). Je beugle. Grand Frère merci, ça se retourne !
Erf ! L’espoir a disparu. Une hallucination ? Un éphémère ? No lo se, señor Miranda. Je suis humilié : j’ai crié pour rien. Mais le sentiment (pourtant dreadful) n’est qu’excrément d’renard volant comparé à l’insupportable angoisse sertie à satiété de serres acérées qui vint m’empaler le palpitant (en anglais : « My heart sank. »). J’ai déçu l’extraterrestre ! J’étais l’élu ! Et j’ai voulu partager ? J’ai les yeux soucoupesques, c’est pas peu de le dire. Qu’est-ce qui m’a pr.. O-la. La peur, enfantine et clownesque, surgit. Predator n’aurait jamais laissé passer ça. Suis-je condamné ? Ce monde bleu n’est pas mon élément naturel, j’suis pas Frérot moi, je suis faible ici ! Ma respiration se fait difficile. Je déglutis, panique, épie et espionne les mouvements des poissons qui m’entourent, ordonne à mes muscles de titan de répondre au moindre stimuli, inspire à fond.. insatisfaisamment d’ailleurs, jette un coup d’œil inqu.. Attends une seconde ! J’ai vraiment du mal à respirer. Qu’est-ce que c’est encore que cette connerie ? Je vérifie mon niveau d’air de mauvaise grâce, pas que ça à foutre moi, ai une attaque à maîtriser. Ah putain (je m’excuse) ! Me reste plus que le quart de ma bouteille ! Après trente seconde sous l’eau ? Sans quitter le mano des yeux, je prends une inspiration.. Nom d’un stéphanois ! L’aiguille passe à un septième de la bouteille ! Je n’ai plus qu’une bouffée d’air avant la pénurie totale.
Panique, panique. Respiration retenue, j’observe. Haha, comment avons-nous pu l’oublier ? Je ne crains rien ! RIEN !! Comme d’hab, la toute dernière incarnation de Poséidon m’accompagne, et elle me regarde avec douce insouciance et légère perplexité. Je lui bondis dessus, lui braque le mano sous les yeux, prends ma dernière gorgée de vie, et la lui laisse entre les mains.
Bien que le problème soit rapidement réglé (: j’avais respiré l’air resté dans tous les tuyaux. Ma bouteille n’était pas ouverte, grand frère l’ouvrit), j’eus le loisir, pendant qu’il me réparait et que je pompais son air sur le détendeur de secours, de me demander si je n’avais pas mérité tout ça en trahissant le lumineux visiteur. J’en étais déjà convaincu lorsque le triton Noël me rendit ma liberté, mais j’en eus l’immédiate et grondante confirmation en me retournant : un énorme mérou fonçait sur nous ! Non non, rectification : un mérou gigantesque fonçait comme un taureau dément sur le grand frère !!! Horrifié jusqu’à être réduit à la plus débile des immobilité, je vis alors une scène parfaitement inédite et diablement impressionnante. Le mérou continua sa course jusqu’à ce que Jérémie (dont le nom doit ici être enfin cité !) lève les mains dans un vague geste de protection (je dis ça parce qu’il affirmera plus tard avoir été surpris, mais ce que je vis pouvait tout aussi bien être l’intimation de l’arrêt du bestiau fou), et la furie prognathe s’arrêta ! Bien que le nageant me rejoignat dans le statuesque, son élan prolongea sa course jusqu’à ce que sa mâchoire inférieure vienne frôler le masque de l’Autre. Un regard suivit, intense. Puis Bob (comme Mimi le baptisa peu après), gardant la dignité farouche qu’on ne trouve que chez les grands solitaires, fit demi-tour d’un coup de queue et s’en retourna à la place qu’il n’avait encore jamais quitté : celle de sous la proue du Coolidge. L’homme-dauphin de Gdansk avait triomphé grâce à sa toute-puissance sous-marine, mais je ne m’y leurrai point. Bob était un mercenaire aux ordres du visiteur, et si ce n’avait été Jérémie, mon sauveur aurait été anéanti. On m’avait envoyé un message. J’étais en sursis.
Cependant, tant que le grand frère était à mes côtés, je serais en sécurité.
L’inquiétude restait, et restera désormais.

Trois minutes plus tard, nous retrouvions Zac et Bip-bip (rapport au sillage de poussière que Magic Mum laisse – à cause d’une palmation par trop verticale – toujours derrière elle), qui orbitait autour d’un trou rouillé, tranchant, et d’un mètre carré de surface d’un air réjoui. C’était l’entrée. D’ac, Zac, on te suit. T’es le seul à pouvoir nous en faire sortir vivant. Bip-bip en deuxième, t’utiliseras ton inépuisable énergie et ton œil d’aigle (ou de Bip-bip) pour repérer les dangers latéraux. Vif et explosif, je viens en troisième. Je pourrais réagir rapidement aux instructions d’la maman. Démentiellement fiable et indestructible, Poz’ couvre notre triple derrière et le sien en bonus.
C’est l’infiltration. On se faufile. Ah Dieu, pour se faufiler, on se faufile ! Et c’est intensément jouissif. On savoure, on goûte, on prend notre temps et on maîtrise nos trajectoires comme Federer ou Tiger Woods. Puis on débouche sur un défilé un peu plus large, et beaucoup plus profond (donc, régiment de mamelouks, une vaste pièce pourvue d’un plafond légèrement plus confortable). On glisse avec délice dans ce nouveau sanctuaire. La lumière est sublime : de longs rayons de particules descendent sereinement de multiples fenêtres éventrées et éclairent le chemin. L’invitation est limpide. Laissant les phares de nos lampes se perdre dans les profondeurs ténébreuses, nous planons respectueusement jusqu’à la rencontre d’un étrange carré de blanc, incrusté dans le mur du fond. Il fait un mètre de côté. Tout semble sacré dans cette atmosphère. Je me retourne, regarde Jérémie arriver. Il semble être pris dans une stase de lenteur. Ses mouvements sont tortuesques mais sont empreints d’une grâce inimaginable. Il fait partie du décor. Orgueilleusement, j’espère être dans le même cas. Pardi ! Même ses cheveux ondulent au ralenti ! Gorgonesque et détaillique, mais d’autant plus saisissant.
Le carré est du même acabit. Taillé dans je ne sais quelle pierre, une dame en robe écarlate se tient debout à côté d’une jument d’un blanc immaculé. Un frisson me remonte le long de la fermeture éclaire dorsale, la dame a une expression superbement cruelle. Des yeux menaçants et triomphants, un sourire à vous polaroïder les globules ! Y’a pas de doute, les amis. C’est Elizabeth (Erzebeth) Bathory ! Comtesse sanglante et friande de pureté (représenté par le canasson sans doute). Ne supportant plus le duel, je baisse les yeux sur mon ordinateur.

Nous étions à 39.6m. Je pousse du coude le triton. Un regard suffirait presque. On coule sur 40cm. Cette plongée mérite bien de figurer parmi les rares de 40m.. pardieu, elle nous a tous époustouflés et poustouflés encore.

Le retour fut sans encombre. On vit le papa qui rôdait dehors (il fera cette plongée demain ! Pas une comtesse vampire et un peu de spéléo qui vont lui faire peur. Hin !), on croisa Bob qui vint saluer son maître dans les formes, on fit des ronds – majestueux pour le majestueux, maladifs pour votre serviteur et grotesques pour Zac – et on contempla le ballet macabre des poissons voraces autour d’une tranche de pain désespérément sans défense.

Merde ! Le Coolidge, s’en est définitivement pas.

Oyo les kloums ! Et merci d’avoir tout lu ^^

G.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

faisez gaffe, j'ai l'impression que des autochtones malveillant insèrent des drogues hallucinogènes dans vos aliments...

Anonyme a dit…

Suis d'accord avec "l", cela devient inquiétant ! Mais il paraît que le vin de la cave de Puyméras est, lui aussi, hautement hallucinogène !
Temps toujours pourri à Paris... Sommes, malgré tout, allées à la piscine de Neuilly bien agréable ma foi !
Bisous, Manou

Anonyme a dit…

J'aurais opté pour le fumage de la moquette ... ! Mais continue, ça fait rire et c'est sacrément vivant. PS : Je n'ai jamais fait de plongée, mais si un jour on en fait ensemble, sait-on jamais, je crois pas que je te donnerai mon matériel à vérifier !! Fou rire avec l'épisode oxygène.
Gros bisous,
Tatach'

Anonyme a dit…

ha bah ! moici j'avais eu l'impression une nuit qu'y'avait une horde de révolutionnaires tout droit sortis de Ghost from Mars qui s'apprétait à raser Bercheres..
Je compatis, gde soeur, c'est vrmt flippant les bass !

A l'avenir, souvenez vous que les coffres et armoires de ma chambre sont remplies d'armes diverses et variées ! Ca rassure un peu ^^

On rentre a la maisoooooooooooooon whahahaha