
Installation au White Sands Ocean Resort. Charmant : un grand jardin fleuri au bord de l’océan.


Dès l’après-midi, départ pour le Yasur.Je laisse Jérémie raconter la suite …
@+
P.
Alors voilà. Ca ne faisait plus aucun doute. J’ai fermement cru que ça y était. J’en étais sûr… Bien, me direz-vous, mais sûr de quoi ?
Mais putain, cette fois-ci j’ai vraiment cru qu’on allait tous y rester !
Alors oui, je vous entends, sarcastiques : ce n’est pas la première fois qu’il a bien l’impression qu’ils vont tous y rester ; ce n’est, d’ailleurs, sans doute pas la dernière fois non plus.
Bon… Soit.
Mais là, j’avais la conviction qu’on allait tous y rester… Bon, peut-être pas tous y rester. Mais au moins un. Et celui-là, j’ai encore bien cru que ce serait moi.
Et puis finalement non. On n’y est pas resté, ni moi, ni les autres et j’espère que vous en êtes aussi soulagés que nous.
Mais je commence par la fin. Recommençons depuis le début.
Nous sommes donc arrivés à Tanna, petite île à l’extrême Sud de l’archipel du Vanuatu, dont l’intérêt principal réside dans son volcan, le Yasur, l’un des plus actifs de la planète…
Mais bon, « l’un des volcans les plus actifs de la planète », j’imagine que ça vous dit pas grand-chose de plus qu’à nous, étant donné que les autres (les plus actifs, les moins actifs, les actifs moyens) on les connaît pas. Du coup, nous, on y va sans se douter de rien.
A ce stade, il me semble nécessaire de vous informer de la classification des niveaux d’activité du Yasur :
Niveau 0 : Bob le touriste, pris d’une envie pressante, va pisser dans le cratère.
Niveau 1 : Bob emporte son transat et un pinacolada au sommet du cratère et applaudit bruyamment, légèrement éméché, à chacune des rares flammèches qui surgissent.
Niveau 2 : Bob s’équipe de son casque et monte prudemment au sommet, en faisant quand même bien gaffe d’avoir le vent dans le dos et en gardant toujours une jambe face à la sortie pour pouvoir se tirer au plus vite si le vent venait à changer de sens.
Niveau 3 : Bob n’a pas le droit de sortir de son bungalow et n’arrive plus très bien à se souvenir pourquoi il s’est cogné 35h de voyage (une semaine de travail de fonctionnaire) pour venir jusqu’ici.
Niveau 4 : Les sorties de secours sont situées à l’avant, au milieu et à l’arrière de…
A l’hôtel, la directrice nous annonce que le volcan est en « niveau 2 haut », ce qui est idéal puisque au-delà de ce niveau, il n’est plus autorisé de monter sur le volcan. Une belle activité en perspective…
Je m’interromps à nouveau pour préciser que « niveau 2 haut », en fait c’est « niveau 3 », mais ça veut juste dire qu’ils ont encore un peu de marge avant d’atteindre le quota de touristes démembrés autorisé pour la saison.
Bref, je vous passe les détails, après deux-trois heures de piste totalement défoncée

et quelques arrêts pittoresques (notamment l’excellente chorale autochtone des adventistes du septième jour : « Bye bye visiting friends ! Have a safe journey back home ! And may god be with you all ! » ;


des paroles qui prennent tout leur sens quand on est en route pour le Yasur), nous nous retrouvons au pied du fameux volcan…


C’est le moment que choisit le guide pour nous mettre en confiance : « Attention, il est très actif en ce moment, c’est dangereux, restez pas trop loin de moi. »
A cet instant on ne peut pas s’empêcher de penser que si une bombe volcanique s’est mis en tête de nous tomber sur la tronche, on voit pas tellement en quoi le fait d’être à côté du guide peut bien nous être utile.
Quand on arrive au sommet du cratère, c’est là que je commence à penser qu’on a de très fortes chances de tous y rester… surtout moi.
Moi qui sursaute au cinéma quand Winnie l’Ourson est caché pour faire une blague à Porcinet, je peux vous dire que quand le Yasur se met à gronder, fait trembler le sol avant de projeter une gerbe de lave haute de 50 mètres, je remercie le ciel de m’être vidé la vessie avant de monter.
Terrorisé par ce déchaînement de violence parfaitement gratuit (tous le monde sait très bien que c’est lui le plus fort, pas la peine de s’énerver), je recherche le réconfort d’un guide serein :
« Oui, moi je travaille pour Aventures et Volcans […]. Là il est très actif, je trouve quand même que c’est dangereux d’être ici » (l’air de penser que si on lui avait laissé le choix, il n’aurait sans doute pas choisi de passer sa soirée ici). Malgré tout, j’ai l’impression d’être le seul conscient que nos existences sont sur le point de s’achever brutalement.



Alors bon, puisque c’est comme ça, autant en profiter… C’est une expédition absolument unique, hallucinante. On a vraiment le sentiment d’assister à une éruption volcanique depuis le bord du cratère (les photos en témoignent).

C’est sans doute le phénomène le plus impressionnant auquel il m’ait été donné d’assister (ça et un but de Francis Llacer). Sentir la puissance de ce volcan, son souffle permanent, les colonnes de fumées qui s’échappent du cratère, l’onde de choc, le fracas et les feux d’artifice à chaque explosion est une expérience à la fois inquiétante et fascinante.




Et puis bon, on finit par s’en aller… Heureusement, quelques Australiens égaient notre retour à l’hôtel en ayant la savoureuse idée de planter leur 4x4 (apparemment, c’est une spécialité locale ; cf. Fraser) dans un énorme trou au milieu de la route.
Ainsi s’achève l’aventure inouïe au Yasur, point d’orgue et dernier « highlight » de notre voyage.
Mais, putain, j’ai encore bien cru qu’on allait tous y rester !!
A plus tard,
J (+G+C+P)

2 commentaires:
ça vient ... on se calme !!!
P.
Elles y sont, et ça en vaut sacrément la peine. Mis à part la qualité des photos que j'admire (mais je ne suis pas pro) - elles sont vraiment superbes -, bravo à Claire qui, même à l'autre bout du monde, reste la parfaite ambassadrice de l'élégance française, soit jupe boule et leggins (le top de la rentrée), soit écharpe multicolore assortie au bouquet de fleurs, maillot de bain différent chaque jour, etc. Bravo. Mais comme dit précédemment, superbes photos. On aura bien voyagé avec vous ... et bien ri. Et ouf, vous avez bien failli y passer plusieurs fois, mais vous allez nous revenir sains et saufs encore une fois.
Tatach'
Enregistrer un commentaire